Crash de "Dragon 2B"

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Que s’est-il passé samedi aux alentours de 19 h 35 à bord de l’hélicoptère Dragon 2B de la sécurité civile qui s’est crashé au sud-ouest de Bastia (Haute-Corse) avec cinq personnes à son bord, dont un nouveau né, et leur a coûté la vie ?

L’enquête tentera d’éclaircir les circonstances du drame qui s’est joué sur le territoire de la commune de Rutali.
 

ll n'y a pas de survivants. Les cinq passagers de l'hélicoptère de la Sécurité civile de Haute-Corse, qui avait disparu des écrans radar au sud-ouest de Bastia ce samedi soir 25 avril sont décédés. L'hélicoptère transportait une femme enceinte de 20 ans assistée d'une femme-médecin du Samu de 43 ans, un pilote et un copilote. La jeune femme a accouché en vol mais son bébé n'a pas survécu à l'accident.

L'épave a été repérée en plusieurs morceaux dimanche matin 26 avril à 3h30 par un hélicoptère des secours qui avait pu décoller et qui a fourni les coordonnées GPS du lieu de l'accident aux équipes au sol. Peu avant 4h, les pompiers de Haute-Corse ont découvert les corps des victimes dans cette région montagneuse particulièrement difficile d'accès. Le pilote, 42 ans, et le co-pilote, 56 ans, étaient "chevronnés" et en Corse depuis plusieurs années, a souligné le préfet de Haute-Corse Hervé Bouchaert. "Ils étaient donc habitués à ce type de trajet", a-t-il dit, soulignant que la météo était  "exécrable" au moment de l'accident. Aucun appel de détresse n'a été passé par le pilote et aucune communication radio ne laissait entrevoir que quelque chose d'anormal se passait à bord. La naissance de l'enfant n'a également pas été communiquée par le pilote.

 

L'appareil avait décollé à 19h15 du centre de secours de Ponte Leccia, en Haute-Corse, situé à moins de dix kilomètres du village de Lento où la femme enceinte a été prise en charge, alors qu'elle était sur le point d'accoucher. "Un point médical a été fait et il a été jugé  préférable de prendre l'hélicoptère. Ce que l'on croit  savoir, c'est que les contacts médicaux ne faisaient pas état d'une urgence  absolue. On ne pensait pas à un accouchement immédiat", a expliqué le préfet. Au moment de sa disparition, l'hélicoptère survolait le défilé du Lancone, une chaîne montagneuse et faisait route en direction du centre hospitalier de Bastia lorsqu'il a cessé tout signal de la radio et du transpondeur. Les alentours de l'épave ont été interdits à la presse. En tout début de matinée, les corps des victimes ont été descendus à Rutali et ont été emmenés dans des corbillards à Bastia.

On connaît désormais l'identité des cinq victimes du drame. Dans l'hélicoptère de la sécurité civile se trouvaient un bébé, né pendant le vol, sa mère, Justine Gressler, 20ans qui habitait le village de Costa en Haute-Corse, un médecin urgentiste Michèle Salmon, le pilote, Philippe Métais ancien de l'ALAT, qui laisse derrière lui une femme et deux enfants à Nîmes et  Michel Lopez-Guia, le copilote dont la famille vit en Corse.

(Extraits de Nice-Corse Matin)

M. Lopez-Guia

 Michel Lopez Guia , Mécanicien Opérateur de Bord. 

Entré en service en 1973 et après avoir effectué ses formations à Rochefort, Chambéry et Toulouse il avait été affecté à Salon et dans les escadrons de Solenzara de 81 à 86, de 86 à 89 à l'ETOM 82 "Maine" basé à Faaa et Mururoa puis au GLAM comme chef de piste qu'il avait quitté en 90 avant d'être embauché à la sécurité Civile en 91.
Ayant effectué près de 800 heures de vols dans l'Armée de l'Air il lui faisait honneur tous les jours au sein du Groupement d'Hélicoptères de la Sécurité Civile par son entrain et son professionnalisme démontré en 3300 heures de vol au cours desquelles il aura porté secours à plus de 2400 personnes.
Agé de 56 ans, marié et père de 3 enfants il résidait en Corse dans le village de Santa Maria Poggio.
 

 Le 29 avril, environ 450 personnes étaient réunies sur le tarmac du pélicandrome de Bastia-Poretta près de la base d'hélicoptères de la Sécurité civile. Au premier rang, se trouvaient les familles des victimes. Face à elles, se trouvaient 350 personnels des différents services de secours, de sécurité et corps militaires de la Haute-Corse et le nouvel hélicoptère de la base au pied duquel avaient été déposées des couronnes de fleurs. Dans la foule, l'on notait également la présence de nombreux élus et de représentants des services de l'Etat. Faisant face aux trois cercueils recouverts du drapeau tricolore, la ministre de l'Intérieur a, au nom du gouvernement, rendu hommage à « l'engagement exemplaire » des trois secouristes au service de leurs concitoyens et a souligné « sa tristesse, son émotion et la solidarité de la Nation toute entière. »
« Votre disparition nous rappelle l'abnégation et le sens du devoir des hommes et des femmes engagés dans les secours aux personnes. Par votre engagement sans faille, vous avez porté dignement ces valeurs. » Le pilote Philippe Métais, le mécanicien-opérateur de bord Michel Lopez-Guia, et le Dr Michèle Salmon ont été cités à l'ordre de la Nation.

"Citation à l'ordre de la Nation
NOR: IOCE0909743T

Le Premier ministre,
Sur la proposition de la ministre de l'intérieur, de l'outre-mer et des collectivités territoriales,

Cite à l'ordre de la Nation :
M. Michel LOPEZ-GUIA, mécanicien d'hélicoptères, opérateur de bord, affecté à la base d'hélicoptères de la sécurité civile de Bastia (Haute-Corse), d'un courage exceptionnel et d'un dévouement exemplaire, victime du devoir, au cours d'une mission de secours aérien, le samedi 25 avril 2009, dans le défilé de Lancone, entre Ponte-Leccia et Bastia.
Fait à Paris, le 29 avril 2009.

François Fillon
Par le Premier ministre :
La ministre de l'intérieur,
de l'outre-mer et des collectivités territoriales,
Michèle Alliot-Marie
"


Ils ont été faits chevaliers de la Légion d'Honneur et décorés de la Médaille d'or d'honneur pour actes de courage et de dévouement.

 
A l'issue de la cérémonie, la ministre s'est entretenue en privé avec les familles.

 Michel Lopez-Guia sera inhumé dans son village, Santa-Maria-Poggio, sur la côte orientale de la Corse.
 

Compléments d'information de Yves Genty Responsable Hélicoptères à la Sécurité Civile