Mon Général,

Messieurs les Généraux,

Mon Colonel,

Mesdames, Mesdemoiselles, Messieurs,
 

Le Centre d’Instruction des Équipages d’Hélicoptères 00.341 « Maurienne » que j’ai l’honneur de commander, est fier de vous accueillir dans ses locaux et de célébrer à leur manière, deux évènements d’importance.

Tout d’abord la remise des insignes de spécialité des équipages d’hélicoptères qui clôture un cursus de formation long, riche et difficile d’une durée de plus de deux ans pour les pilotes et de plus d’un an pour les mécaniciens navigants.

En effet, pour ces nouveaux brevetés, cet insigne est la concrétisation d’une aventure technique et humaine exceptionnelle. Pour les pilotes, elle a débuté en interarmées dans les écoles d’application de l’aviation légère de l’armée de terre à Dax puis au Luc en Provence et s’est achevé à Metz au CIEH 00.341, après avoir suivi toute une série de modules spécifiques dont je vous cite les plus importants : vol sous jumelle à vision nocturne, vol en montagne, vol en formation, navigation tactique à 15 m/sol, treuillage, élingage, recherche SAR, techniques de posé en zones exiguës de jour comme de nuit.

Toutes ces techniques et ces tactiques sont la base de connaissances indispensable pour appréhender les missions opérationnelles dévolues aux unités dans les lesquelles ils vont servir.

Car cette formation n’est qu’une étape dans le long cursus de formation d’un pilote ou d’un mécanicien navigant de combat. En effet, ils vont entrer dans un cursus opérationnel qui va durer encore plus de deux ans et qui doit les conduire à un niveau de combat supérieur conformes aux missions dévolues à l’armée de l’air : missions de Défense aérienne avec la Masa, qui consiste à interdire, au besoin par la force, l’accès à une zone aérienne, missions de recherche et de sauvetage dans le cadre des missions de service publique, missions d’infiltration ou d’extraction de personnels en zone hostile (commandos, pilotes éjectés, ressortissants civils français ou étrangers), missions de forces spéciales, missions de contre terrorisme maritime ou de lutte contre les narcotrafiquants et mission au profit des plus hautes autorités de l’état.

Toutes ces missions sont le reflet du rôle des hélicoptères de l’armée de l’air dans la Défense en complément de l’action des autres armées et des autres moyens terrestres, aériens ou maritimes.

Deuxième évènement marquant de cette journée et de cette année, le centenaire de l’hélicoptère.

En effet, il y a cent ans, presque jour pour jour et la date de cette cérémonie n’est pas un hasard, le 13 novembre 1907 exactement, Paul Cornu réussi l’exploit de faire soulever, à Coquainvilliers dans le Calvados, le premier hélicoptère de l’histoire de l’aviation. Avec lui, deux autres inventeurs de génie, Maurice Léger dans l’Aisne et Louis Bréguet à Douai firent décoller la même année, à quelques mois d’intervalle, deux autres hélicoptères de conception très différente et dont les techniques sont aujourd’hui toujours d’actualité.

Alors que les voilures fixes connaissent en parallèle un essor considérable, il fallu attendre une vingtaine d’année pour maîtriser totalement les techniques de l’hélicoptère et pour développer vers 1940, le premier hélicoptère au monde réellement opérationnel.

Engagé d’abord par les Américains dès 1943 durant le Seconde Guerre Mondiale, puis par les Français dès 1950 en Indochine, c’est à l’armée de l’air que revient la tâche de créer, sous l’impulsion décisive du Service de Santé des Armées et du Colonel Alexis SANTINI dont ce bâtiment porte le nom, la première flotte française d’hélicoptères militaires dont la mission première était le sauvetage des combattants blessés et des équipages éjectés. En Algérie, elle aussi la première à développer, sous l’impulsion du Colonel Félix BRUNET, les techniques qui firent de l’hélicoptères un engin d’assaut armé.

Toute cette épopée pionnière tant dans la conception technique que dans son utilisation opérationnelle dont la France a eu une place prépondérante, a été illustrée dans l’exposition photos et peintures qui vous a été présenté au Mess Officier à midi et qui sera déplacé dès lundi au mess sous-officier.

Aussi je profite de cette cérémonie pour remercier tous les personnels de la base et son commandant, le Colonel Rondel, pour l’accueil qu’ils nous ont fait lors de notre transfert il y a un an de Toulouse à Metz, pour le remarquable travail qu’il ont fournit lors du meeting des hélicoptères en mai dernier et qui commémorait ce centenaire ; pour les heures passées sur la restauration de nos vieilles montures ou sur les aquarelles que madame Chantal DUBOURG et madame Isabelle BOMETON ont eu la gentillesse de réaliser pour l’occasion.

Enfin je me tourne vers les jeunes brevetés d’abord pour les féliciter des résultats obtenus mais aussi pour leur faire prendre conscience que votre réussite est aussi celle de toute une chaîne humaine, technique et opérationnelle dont vos parrains sont les symboles, mais aussi par des personnels de l’ombre : mécaniciens, contrôleurs, météorologues, pompiers, commandos, instructeurs simulateurs, treuillistes, hélitreuillés de personnel médical, agents d’opérations et autres personnels en support des unités opérationnelles.

C’est aussi vers eux que j’adresse au nom de mon équipe d’instructeurs mes félicitations et tous mes remerciements, car vous avez devant vous le résultat de votre implication quotidienne.
 

Mon Général, je vous cède respectueusement la parole.