"V. I. P."

     

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si le "Parisis" à Villacoublay était bien placé pour véhiculer régulièrement les hauts gradés de l’Armée de l’Air (ce doit sans doute être toujours le cas…), il était également parfois sollicité en complément du GLAM (Groupe de Liaison Aérienne Ministérielle) pour des missions V.I.P. au profit de ministres ou de la Présidence de la République.

Pour cette raison, un jour de février 1969, trois H34 furent mis à contribution afin de transporter la suite du Général    de Gaulle, Président de la République, lors de sa tournée en Bretagne, de Brest à Rennes en passant par Bénodet, Quimper et Lorient.

  Quimper, discours et...

... agréable rencontre avec une belle en costume "glazik"

Parking au pied du Château de Brest

 

J’eus à cette occasion le plaisir d’apprécier l’efficacité des « Voyages Présidentiels » pour la qualité du gîte et du couvert dont nous bénéficiâmes pendant ces trois journées, hôtels de standing et restaurants de qualité, d’ordinaire incompatibles avec nos modestes revenus de l’époque.

Le leader était le Cdt Thomas commandant du "Parisis", à l’origine des emblèmes propres à l’Escadron (insigne « Pégase » numéroté en argent, foulard, cendrier, etc.)

Etant placé en N°3, il m’avait demandé de photographier en vol les deux autres appareils, en noir et blanc afin de faire agrandir les épreuves par le Service Photos de la Base, dans le but d’orner le Salon d’Honneur de l’escadron, car pour l’occasion, les trois H34 avaient été soigneusement astiqués

 

Bâbord avant du capot moteur

Foulard, pas Hermès mais Pégase  >>>

Ces dernières remarques me ramènent quelques années en arrière au 2/23 lorsqu’un jour d’octobre 1960 je fus chargé d’aller réceptionner à l’AMR de Blida un H34 neuf sortant d’usine. Il s’agissait du n°95 de Sud Aviation.

Après avoir été déposé par une « Alouette » en compagnie du copilote et du mécano, nous aperçûmes cette magnifique machine étincelant au soleil. En en prenant possession, les mêmes sensations, les mêmes odeurs que lorsque l’on va réceptionner une voiture neuve chez le concessionnaire...

Le cargo, le poste de pilotage, impeccables, les harnais d’un bleu lumineux, etc… bref, une merveille : mise en route, décollage et en croisière 2400 t/m, 32‘ de P.A., pas loin de 100 kts au badin au lieu des 85 habituels, pas une vibration, ni « track » ni « balourd ». Trente minutes inoubliables sur cette « limousine de l’air » . Je devais le retrouver plus tard, moins rutilant, sous des dehors beaucoup plus guerriers (voir « Histoires de Pirates »).

Pour clore ce récit et en revenir au titre, une petite anecdote :

Un matin d’avril 1964, en arrivant aux OPS du 03/67 afin de visionner le tableau d’ordres pour les vols de la journée, je vois à côté de mon nom, comme copilote pour un vol d’entraînement, celui du Général Marchal patron du COTAM (Commandement du Transport Aérien Militaire).

Je m’enquiers, croyant à une plaisanterie, mais pas du tout, il s’avère que le Général a demandé à assister de visu et in situ au déroulement d’un vol d’entraînement sur H34. Pendant une heure, aux commandes en place droite pour changer, j’effectuais dans le secteur prévu à cet effet au sud de Villacoublay, posés en campagne, travail au sol, autorotations, etc. … pas très rassuré quand même.

Je ne sais ce que le Général a pensé de son vol, mais je dois avouer qu’en tant que simple sergent chef, j’étais selon la formule consacrée « dans mes petits souliers », car c’est pas tout les jours qu’on avait, sur H34, un général en place copilote...

C'est beau le Finistère...

On approche de l'océan.

C'est l'océan !...

Le bocage et la plage.

Salut amical au porte avions "Foch" en rade de Brest.

Récit et photographies de Bernard Mahaut et Ouest France